Jaune Toujours 30 ans sur scène: Certaines semaines se composent de routes.

Cette semaine. Différentes années. Même groupe. 30 ans sur scène. Basé à Bruxelles. Jaune Toujours.
Certaines semaines se composent de routes. De stations-service. De tentes de festival. De canapés en coulisses. De places syndicales. De marches de protestation. De minuscules loges avec des sandwichs à moitié mangés et des vélos pliés adossés aux murs.

2000 Bruxelles. Commémoration de la Nakba. Parcours d’Artistes. De la musique dans les espaces publics, où les conversations existaient déjà avant la première note.
2001 Deurne. Heerlen. Traverser les frontières comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.
2005 Hayange. Festival du Gueulard. De la poussière dans l’air. Des batteurs photographiant les photographes.
2006 Les journées Radio Transit. Louvain. Bruxelles. Des micros voyageant d’un événement solidaire à l’autre.
2009 Les routes d’Allemagne. Bielefeld. Iéna. Les coulisses de Casablanca. Des fenêtres de tournée. Des tables de mixage qui brillent dans le noir. Des affiches de concerts collées aux murs des salles.
2012–2013 Les années Afrobelbeat. Les traversées du Gangbé Brass Band. Les cuivres de Torhout qui retentissent. Des scènes de plus en plus bruyantes et vastes.
2017 Trump Not Welcome. Aarschot. Bruxelles. La musique envahissant directement la rue.
2019 Marches pour le climat. Des foules brandissant des banderoles. Des groupes transportant des amplis. Tout le monde essayant de faire assez de bruit pour que l’avenir puisse entendre.
2020 Sessions « Lockdown Cheer Up ». Jouer devant les maisons de retraite. Distance entre les musiciens. Connexion malgré tout.
2021 Sauvons les Marais Wiels. Un autre espace public qui mérite d’être défendu.
2022 Manifestations Koopkracht. La section de cuivres face à la foule, telle une cloche d’alarme en mouvement.
2023 Jam-in Jette. On continue de se rassembler. On continue de danser. On continue d’être là.

Certaines semaines laissent derrière elles des enregistrements. D’autres, des tracts. D’autres encore, presque rien, si ce n’est le souvenir de gens qui se sont retrouvés ensemble pendant un petit moment. On continue de voyager. On continue de faire voyager les chansons de ville en ville. On continue de croire que l’espace public peut appartenir à tout le monde.
Des lieux différents. La même semaine, étirée dans le temps. Nous n'archivons pas le passé. Nous le portons en nous. Toujours en train de jouer. Toujours en mouvement. Toujours ouverts à la pièce suivante.

 

 

 

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Mardi, mai 26, 2026 - 08:30